
Intention. Ce document présente les arguments et demande à la fois aux municipalités et aux partenaires communautaires du Québec et à l'Assemblée nationale d’aider à financer l’accès à l’échelle de la province à la Bibliothèque de l’imagination de Dolly Parton, afin que chaque enfant au Québec, de la naissance à cinq ans, reçoive gratuitement chaque mois un livre de qualité adapté à son âge, sans frais pour les familles et sans égard au revenu.
Objectif. Cette proposition invite à la fois les partenaires locaux qui font vivre le programme aujourd’hui — municipalités, bibliothèques et organismes communautaires — et l'Assemblée nationale du Québec à financer l’inscription à l’échelle de la province à la Bibliothèque de l’imagination de Dolly Parton, afin que chaque enfant de moins de cinq ans au Québec reçoive un livre gratuit chaque mois, sans égard au revenu familial. L’alphabétisation précoce est l’un des investissements les plus rentables que Québec puisse faire — il en faut davantage, et nous demandons aux partenaires locaux comme à l'Assemblée nationale de le financer.
Ce qui suit. Quatre courtes sections construisent l’argumentaire : (1) les bienfaits éprouvés de la Bibliothèque de l’imagination; (2) l’analyse financière pour Québec, y compris le coût et les économies projetées; (3) les données probantes d’autres territoires qui offrent déjà le programme à grande échelle; et (4) les raisons pour lesquelles les partenaires locaux du Québec sont prêts à croître.
la Bibliothèque de l’imagination de Dolly Parton poste gratuitement, chaque mois, un livre soigneusement choisi aux enfants inscrits, de la naissance jusqu’à cinq ans. À la maternelle, un enfant inscrit sans interruption possède une bibliothèque personnelle pouvant atteindre 60 livres — souvent les premiers livres que possède la famille.
Le nombre de livres dans le foyer d’un enfant est l’un des meilleurs prédicteurs de la réussite en lecture, indépendamment du revenu familial ou de la scolarité des parents. Les enfants à qui l’on fait la lecture régulièrement dès le plus jeune âge arrivent à la maternelle avec un vocabulaire, une compréhension orale et une préparation scolaire nettement supérieurs.
Les évaluations révisées par les pairs de la Bibliothèque de l’imagination ont constaté des gains mesurables dans l’attitude envers la lecture et la préparation à l’école, les effets les plus marqués touchant les enfants des ménages à faible revenu — précisément ceux qu’il est le plus difficile de rejoindre par les seuls programmes scolaires. Comme les livres arrivent par la poste, adressés à l’enfant, le programme rejoint des familles qui ne franchissent jamais la porte d’une bibliothèque ou d’une clinique.
Le programme est aussi d’une efficacité remarquable : la Fondation Dollywood du Canada choisit les livres et négocie les prix de gros, les titres sont publiés par Penguin Random House Canada avec une part croissante d’auteurs et d’illustrateurs canadiens, et chaque livre est livré au domicile de l’enfant par Postes Canada — de sorte qu’un dollar local achète une année complète de livres mensuels au prix de gros.
Le coût est modeste et fixe. Québec compte environ 430 000 enfants de moins de cinq ans. Au coût tout compris de la Bibliothèque de l’imagination, soit environ 46 $ par enfant par année (livres, envoi et administration, en dollars canadiens), l’inscription universelle coûte environ 20 M$ par année. Les partenaires locaux et la Fondation Dollywood du Canada se partagent ce coût, de sorte que la part du Québec représente une fraction d’un seul poste d’un budget de l’éducation de plusieurs milliards de dollars.
Le rendement se compose. Chaque enfant au Québec qui arrive à la maternelle prêt à lire risque moins d’avoir besoin d’interventions coûteuses plus tard. Au Québec, on dépense de l’ordre de 13 500 $ par élève chaque année, et bien davantage par élève nécessitant un soutien supplémentaire ou reprenant une année. La maîtrise précoce de la lecture réduit l’incidence du redoublement, du rattrapage et du placement en adaptation scolaire — chacun coûtant plusieurs fois une année de livres mensuels.
Au Canada, l’écart de revenus à vie pour une personne sans diplôme d’études secondaires débute autour de 200 000 $, et un diplôme vaut environ un demi-million de dollars à la personne diplômée (Charité Intelligence Canada; Fortin, UQAM) — des gains qui reviennent au trésor public sous forme de recettes fiscales plus élevées et de moindres coûts d’aide sociale et de santé. Les analyses canadiennes estiment que chaque dollar investi dans l’apprentissage de la petite enfance rapporte environ 2 à 6 $ à la société (Services économiques TD; Conference Board du Canada). En regard, 20 M$ par année pour rejoindre chaque enfant compte parmi les investissements en alphabétisation précoce les plus économiques et les plus rentables qui soient. C’est un financement soutenu, et non des subventions ponctuelles, qui produit l’argument financier le plus solide.
La Bibliothèque de l’imagination n’est pas une expérience. Elle a vu le jour au Tennessee en 1995, s’est étendue à travers les États-Unis et fonctionne aujourd’hui au Canada, au Royaume-Uni, en République d’Irlande et en Australie — postant plus de deux millions de livres par mois dans le monde, et plus de 174 millions de livres depuis 1995.
Partout au Canada, le programme fonctionne grâce à plus de 400 partenaires communautaires locaux et a offert plus de trois millions de livres aux enfants canadiens depuis 2006, rejoignant des familles dans chaque province et territoire. À l’Île-du-Prince-Édouard et au Yukon, les gouvernements provincial et territorial partagent déjà le coût — en couvrant la moitié du coût local par enfant — et Terre-Neuve-et-Labrador a lancé une expansion provinciale en 2025. Là où les gouvernements investissent aux côtés des partenaires locaux, la couverture augmente rapidement et la demande des familles est forte.
Les évaluations indépendantes constatent régulièrement des gains dans la préparation à la maternelle et la lecture précoce, les effets les plus marqués touchant les enfants des communautés à faible revenu, rurales et éloignées — une priorité particulière dans une grande partie du Québec. Le modèle public-privé, où le financement public est jumelé aux partenaires locaux et à la Fondation Dollywood du Canada, s’est révélé durable et reproductible.
Québec peut adopter un modèle éprouvé plutôt que d’en bâtir un nouveau : la sélection des livres, les prix de gros et l’infrastructure d’envoi existent déjà et sont partagés à l’échelle internationale.
La Bibliothèque de l’imagination fonctionne grâce à des partenaires locaux — organismes sans but lucratif, bibliothèques et organisations communautaires qui inscrivent les enfants et contribuent à financer les livres dans leur région. Québec compte déjà des partenaires locaux qui exercent leurs activités en vertu d’ententes avec la Fondation Dollywood du Canada, dotés des systèmes et des relations communautaires nécessaires pour croître.
Rejoindre chaque enfant n’exige pas de bâtir une organisation à partir de zéro. Il faut combler l’écart de financement pour que les partenaires existants puissent inscrire chaque enfant admissible de leur zone de couverture et que de nouveaux partenaires comblent les communautés restantes. Le programme fournit le système de commande de livres, les prix de gros, les tarifs postaux pour organismes sans but lucratif et un manuel d’exploitation; les partenaires locaux s’occupent de la promotion et de l’inscription.
Avec un engagement provincial stable, les partenaires du Québec sont prêts à agir rapidement — le facteur limitant est le financement, et non la volonté ou la capacité. Un engagement de financement prévisible permet aux partenaires de planifier les inscriptions, de contenir les coûts par enfant grâce à une pleine participation, et de garantir qu’aucun enfant au Québec ne soit refusé faute de fonds.
La demande. Nous demandons aux municipalités, aux organismes communautaires et aux partenaires locaux du Québec de maintenir et d’étendre leur soutien, et nous demandons à l'Assemblée nationale d’offrir un financement provincial équivalent — afin que les familles puissent accéder à la Bibliothèque de l’imagination de Dolly Parton au Québec, et que chaque enfant — dans chaque communauté et chaque code postal — puisse ouvrir chaque mois un nouveau livre bien à lui. La proposition complète est disponible à booksacrossthecountry.com.